Azimut

de Aurélien Bory

Librement inspiré de la figure de Sidi Ahmed ou Moussa

On appelle les acrobates marocains « les enfants de Sidi Ahmed Ou Moussa ». Celui-ci était un illustre sage soufi du 16ème siècle dont le tombeau continue d’être un lieu de pèlerinage. Il est considéré comme le «  Saint patron » de l’acrobatie marocaine. Liée au soufisme, celle-ci n’est donc pas un art spectaculaire dés l’orgine : elle est née d’une pratique rituelle berbère, composée de figures circulaires et pyramidales, dans lesquelles j’ai voulu reconnaître des représentations célestes et maternelles.

Dans le soufisme, quête ontologique, la question du chemin est centrale. Azimut vient de l’arabe Assamt, au pliriel Sumût, qui signifie « les chemins ». Azimut est également un terme astronomique, qui mesure l’angle entre les astres et l’observateur. Le ciel est ainsi désigné. Dans la légende de Sidi Ahmed Ou Moussa, le sage parvient au ciel, mais regardant alors la terre et ses hommes, il préfère revenir. Son chemin, entre autres, m’a incité à prendre le motif du retour comme élèmlent principal de l’écriture. J’ai aimé l’idée de ce retour vers la terre-mère, retour où naissance et mort se rejoignent, retour comme orientation de l’existence. J’aime aussi rêver à ces vers de T.S Eliot :

« Nous ne cesserons pas notre exploration
et le terme de notre quête sera d’arriver
là d’où nous étions partis »

— Aurélien Bory, septembre 2013